Interview de Magali An Berthon, designer textile et créatrice du krama Sala Baï

Foulard Sala Baï

Pour concevoir le krama de l’école Sala Baï au Cambodge, nous avons choisi de collaborer avec Magali An Berthon, jeune designer textile.

Pour ce premier article de notre dossier spécial Sala Baï, nous avons rencontré Magali An Berthon et nous lui avons posé quelques questions sur sa formation, ses inspirations, ses créations. Entretien :

copyright Fabrice Mabillot

Magali An Berthon – Copyright Fabrice Mabillot

Krama Krama : Comment t’es venue cette passion pour la mode et à quel moment as-tu voulu en faire ton métier ?

Magali : Ça a commencé toute jeune. Je voulais être peintre quand j’étais petite. À l’adolescence, j’ai commencé à l’intéresser à la mode et tout naturellement je me suis dirigée vers le textile. Pour moi, être créatrice textile, c’est ce qui se rapproche le plus du travail de peintre : vous jouez avec les couleurs, les matières, les reliefs, vous pouvez embellir la vie avec des imprimés et des beaux tissus.

Krama Krama: Quelles études ou quelles spécialisations as-tu suivi ?

Magali : J’ai suivi une formation en arts appliqués après le Bac. J’ai commencé par un diplôme en Design Graphique à L’ENSAAMA Olivier de Serres puis j’ai continué aux Arts Décos, à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, pour un master en Design Textile. Je suis diplômée depuis 2006, le temps passe vite !

Krama Krama : Tu collabores avec Krama Krama sur un projet au profit de l’école hôtelière Sala Baï au Cambodge, créée par l’ONG Agir Pour Le Cambodge. Qu’est-ce qui t’a plu dans ce projet au départ ?

Magali : J’ai été vraiment séduite par ce projet qui mêle création et entrepreneuriat social. Plus j’avance dans ma carrière, plus la question du sens de ce que l’on crée devient importante. Avec ce foulard Krama Krama, on va aider et mettre en valeur l’école Sala Baï, c’est une façon de se faire plaisir et d’être utile ! Et puis les équipes de Krama Krama et d’Agir pour le Cambodge ont un état d’esprit très positif et engageant, tout était réuni pour me donner envie de participer au projet.

Krama Krama : Ce n’est pas la première fois que tu travailles sur un projet en lien avec le Cambodge. Parles-nous de ton intérêt pour ce pays et plus largement pour l’Asie du Sud-Est ?

Magali : Première chose, je suis métisse franco-vietnamienne. Ma mère est vietnamienne alors j’ai un lien fort avec le Vietnam et l’Asie du Sud-Est. Je ne manque pas une occasion de partir là-bas ! Dans un cadre professionnel, j’ai eu la chance de voyager plusieurs fois au Cambodge, j’y ai fait des reportages et j’ai également dessiné une collection spéciale pour la maison de soie haut de gamme Artisans d’Angkor, une superbe expérience.

Collection Artisans d'Angkor

Collection dessinée par Magali An Berthon pour Artisans d’Angkor – Copyright Michael Gillich for Artisans d’Angkor

Magali : L’Asie du Sud-Est m’inspire beaucoup et tous mes voyages nourrissent mes créations. Et le Cambodge me touche en particulier : les Cambodgiens, la beauté des paysages et des temples d’Angkor… Il y a quelque chose dans ce pays de très particulier et de très attachant.

Krama Krama : Tu aimes travailler avec des matières différentes. Quelle est la particularité du coton et quel plaisir prends-tu à travailler avec ce matériau ?

Magali : J’aime travailler les matières naturelles comme le coton, le lin et la soie. Je leur apporte des décors floraux, poétiques ou graphiques, en jouant souvent sur la couleur et les teintures naturelles. Le coton est une matière légère et douce. On peut jouer sur des tissages fins comme des voilages ou sur des trames plus rigides, les couleurs prennent bien dessus. C’est une matière très agréable à travailler et à porter.

Krama Krama : Quelles sont tes sources d’inspiration pour la création de ce krama ?

Magali : Je suis partie de l’idée de revisiter le krama, ce tissu à petits carreaux qui est le foulard emblématique du Cambodge! J’ai depuis toujours un vrai goût pour les motifs et techniques traditionnelles du monde et retravailler ce tissage a été très intéressant. J’ai notamment beaucoup joué sur la couleur, en partant des teintes du logo Sala Bai. Et je me suis également inspirée des fruits du Cambodge qui ont les mêmes couleurs, dans les tons de violines et d’orangés, comme le fruit du dragon violet ou les kumquats orange. L’idée était de concevoir un modèle très frais et léger, un krama de coton à la fois subtil et joyeux.

Krama Krama : Tu travailles actuellement sur un projet ambitieux, peux-tu expliquer à nos lecteurs en quoi consiste Tissus & Artisans du Monde ?

Magali : Depuis deux ans, j’ai démarré le projet de web-documentaire Tissus & Artisans du Monde : un site internet dédié aux traditions textiles artisanales autour du monde. Vous pouvez découvrir des reportages et portraits d’artisans que j’ai réalisés au Maroc, au Cambodge, au Vietnam, en France et au Burkina Faso, sous forme de textes, films courts et photographies. C’est un projet très porteur et riche qui va se poursuivre sur internet et prendre d’autres formes comme des expositions, des rencontres. Pour continuer à mettre en lumière tous ces artisans textiles et valoriser ces savoir-faire d’exception tout autour du monde.

Krama Krama : On a également pu te voir à la TV, ton emploi du temps ne te laisse que peu de temps libre ! Parle-nous un peu des reportages que tu as fait.

Magali : Oui, je suis une fille occupée ! Je porte une double casquette de designer et de journaliste. La saison dernière, je suis apparue comme l’une des cinq chroniqueuses-reporters de l’émission hebdomadaire Ô Féminin sur France Ô, un nouveau magazine de voyage sous un angle féminin. J’ai voyagé au Vietnam, au Cambodge et en Thaïlande pour rapporter une quinzaine de reportages, des histoires inédites où je partage mes coups de cœur, mes rencontres et découvertes dans ces trois pays.

Krama Krama : Merci Magali de nous avoir accordé de ton temps. Nous rappelons à nos lecteurs que vous pouvez suivre Magali An Berthon sur son blog Ici & ailleurs et découvrir ainsi ses nombreuses créations et projets. Un dernier mot pour la fin ?

Magali : C’était une chouette aventure que de participer à ce projet et je souhaite une longue vie à Krama Krama, à Sala Bai et à l’ONG Agir pour le Cambodge !

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